Tour de France des écoles

L’école Etinç’ailes à Lyon, une école différente…

Ainsi Chloé COFFY, directrice et fondatrice de l’école Etinç’ailes offre une pédagogie adaptée à chaque enfant, tout particulièrement aux enfants à haut potentiel et à ceux ayant un trouble dys ou de l’attention (TDA/ H).

Un fonctionnement atypique

Situé à Lyon, Etinç’ailes est la seule école qui accueille à la fois des enfants à Haut Potentiel et des enfants ayant des troubles de apprentissages. L’école a ouvert en avril 2015 avec 3 élèves et en comptait 24 à la rentrée 2016. En décembre 2017, 38 élèves étaient scolarisés, répartis dans trois classes, multi-niveaux et multi-âges : une classe 3-6 ans et deux classes 7-11 ans. Cela permet ainsi de gommer le rapport à la norme. Séparer les petits des grands pose inévitablement la question des critères du passage d’un groupe à l’autre. Le critère d’âge choisi est celui de 7 ans mais cela reste souple en fonction des cas, car chaque enfant est suivi selon son développement propre. Dans les activités, il y a tout le temps des aller-retours entre petits et grands, entre ceux qui ne savent pas faire et ceux qui savent faire. Tout un travail est opéré par les enseignants pour apprendre à gérer les troubles et besoins des enfants pour que la vie collective soit possible, ainsi un hyperactif apprendra à se connaître et anticiper ses crises.

La réponse à un appel pressant

Ayant enseigné pendant 20 ans dans l’éEducation nationale, Chloé COFFY s’est confrontée à la problématique de la précocité, qui concerne au moins un ou deux enfants par classe, ainsi qu’à d’autres enfants qui ne rentraient pas dans le moule de l’éducation nationale, ayant des troubles de l’attention, des troubles « dys ». « Un jour je me suis dit que j’étais enseignante pour tous les enfants et j’ai décidé de créer cette école » confie-t-elle au journal Millénaire. Etinç’ailes ouvre donc ses portes à ces enfants différents, accueillant par exemple quelques enfants souffrant de refus scolaire anxieux, ou n’ayant pas du tout confiance en eux… Les classes sont rapidement remplies, les besoins étant nombreux. « J’ai eu des demandes de Suisse, de Tahiti, de l’Ile Maurice et plusieurs enfants sont sur la liste d’attente ! Les parents sont démunis. Ils ont beaucoup souffert à travers leur enfant mais aussi en tant que parents. Ils se plaignent du manque d’écoute et d’une comparaison continuelle de leur enfant à la norme, ce qui leur donne l’impression d’être pris pour des mauvais parents. Alors que, pour la plupart, leur enfant ne rentre juste pas parfaitement dans les cases attendues. Dans les écoles traditionnelles, on parle d’enfants « atypiques », moi, je préfère parler d’enfants ayant des besoins particuliers et encore, quand l’école peut s’adapter aux enfants, ces besoins particuliers diminuent fortement ! » témoigne l’enseignante dans le magazine lyonnais.

Un projet unique au service de l’enfant

La pédagogie générale, c’est la bienveillance et la pédagogie positive. Les enseignants proposent à l’enfant un apprentissage de la notion suivant celle qu’il vient d’acquérir. L’idée est d’encourager les aspects positifs des spécificités de ces enfants, notamment leur imagination et créativité. Ensuite, différentes pédagogies sont mobilisées pour trouver celle qui est la plus adaptée à chacun : pédagogie traditionnelle, Steiner, Montessori, les intelligences multiples d’Howard Gardner, la gestion mentale, différentes méthodes de lecture…

Le travail se fait beaucoup en groupes avec des recherches à la maison et en s’appuyant sur différents outils comme les cartes mentales pour avoir des traces écrites.  « D’une façon générale, il n’y a pas beaucoup d’écrits. Que ce soit à cause de la dyspraxie ou de la précocité, l’écrit peut être très frustrant par ce que la main ne va pas assez vite ou que ça ne ressemble jamais à ce qu’ils voudraient » explique Chloé CAFFY à Millénaire. 

« Notre objectif est que ces enfants soient inclus dans la société, qu’ils aient confiance en eux et se rendent compte qu’ils peuvent réussir, à leur rythme ; certains iront plus vite, d’autres plus lentement, comme certains multi-dys.  L’important est de les aider à bien s’orienter ; tous les métiers sont bons. Nous insistons beaucoup sur le développement de la personne et pas que sur l’élève. »

Pour visiter le site de l’école : https://www.ecole-etincailes.com/

Pour lire l’interview de Chloé Cofy dans le magazine Millénaire c’est ici

Crédits Photos : Etinç’ailes

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